Mois: décembre 2012

La Gigogne : ouverte chaque jour de l’année

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Les congés de fin d’année approchent et beaucoup d’entre nous seront en vacances bien méritées !
Toutefois, nous vous rappelons que La Gigogne ne ferme jamais ! Ouverte 24h sur 24, 7 jours sur 7 et chaque jour de l’année. Pas de répit pour la violence conjugale ! Mais un vrai répit pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.
À La Gigogne, tu trouveras :
  • un accueil chaleureux,
  • l’évaluation de tes besoins,
  • un hébergement sécuritaire, confidentiel et gratuit en tout temps,
  • des services d’intervention individuelle ou de groupe,
  • des services spécifiques pour tes enfants et/ou tes adolescents exposés à la violence.

Appelle-nous en tout temps au 418-562-3377 ou par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com

Réponse à mon amie – 3

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Bonjour Sylvia,

Oui, j’ai bien reçu l’invitation pour le souper retrouvailles. J’aimerais beaucoup que tu puisses te libérer et qu’on y assiste ensemble. Je m’ennuie tellement de nos petits moments que l’on partageait ensemble. En plus, il me semble que ça te ferait du bien de sortir et de revoir nos vieux ami(e)s. Ça te changerait de ce quotidien qui me parait être de plus en plus lourd pour toi.

L’autre jour, en allant à la clinique, je suis tombée sur un document traitant de la violence conjugale. J’ai tout de suite eu une pensée pour toi. Je l’ai pris et me suis mise à le lire dans la salle d’attente. Cette petite brochure intitulée « Briser le silence » m’a bouleversée, tant j’y voyais des similitudes avec ton histoire. On y parlait des formes de violence, mais surtout de l’installation d’un cycle qui caractérise la violence dans un couple. Ça m’a tellement rappelé ta dernière lettre que je m’y suis reprise par deux fois pour le lire. Au départ on y parle d’une forme de lune de miel. À ce moment, dans le couple, tout semble sous contrôle et le plaisir est présent. Ça me semblait être les bons moments que tu me racontes vivre avec Paul lorsqu’il est attentif à tes besoins et ce qui fait que tu l’aimes tant. Mais, petit à petit, s’installe une tension dans la maison, sous prétexte souvent que les choses ne sont pas faites comme Paul le voudrait. Ça m’a rappelé les incidents où tu me disais que tout doit être fait à sa façon et que tu ressens un malaise à l’idée de lui déplaire. On y écrivait que cette tension peut se manifester de plusieurs façons : longs silences qui torturent, absences prolongées qui inquiètent, menaces, ton agressif, gestes brusques.

Je le vois bien que lorsque tu sens un climat de menace et de tension, tu tentes par tous les moyens d’apaiser Paul. Lorsque tu surveilles tes gestes et tes paroles pour éviter de le contrarier ou que tu calmes Samuel pour ne pas qu’il dérange. N’as-tu pas parfois l’impression de tout faire pour t’ajuster à ses besoins ou d’être insécurisée par ses brusques changements d’humeur? Je sens que malgré cela, la peur est présente. Paul te semble perdre le contrôle de lui-même. En fait, il est aussi mentionné que c’est une prise de contrôle sur l’autre qui caractérise la violence conjugale. J’imagine bien à ce moment à quel point tu peux te sentir dépassée, démunie, découragée. J’ai cru comprendre dans tes lettres qu’après une agression, Paul veut se réconcilier. Il te demande pardon, te complimente et t’offre des cadeaux. Souvent, j’ai l’impression qu’il te laisse croire que c’est à cause de toi, du stress, du travail, du petit, ou même d’une soirée de retrouvailles qu’il a éclaté. À cause de tout, sauf de lui-même. Devant ces justifications, peut-être crois-tu qu’en modifiant tes comportements ou ton attitude, la violence va se résorber? J’ai vraiment la conviction que tu te nourris d’espoir que ça change et je te comprends d’espérer, mais, comme tu me l’as écrit dans ta dernière lettre, les bonnes résolutions durent de moins en moins longtemps. Sylvia, tu es importante pour moi et je ne veux surtout pas te dicter ta conduite, mais tu mérites une vie sans violence. Tu sais, tu n’es pas seule dans ta situation, beaucoup de femmes et d’enfants souffrent en silence. Garde ton courage Sylvia, j’ai confiance en toi. Je suis ton amie et je suis là.

Élyse xxx

Lettre à mon amie – 3

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Bonjour Élyse,

Je me suis sentie un peu mal en lisant ta lettre. Je suis sensible à ton inquiétude pour moi, mais je pense t’avoir donné une mauvaise impression de Paul et de ma relation avec lui.

Je ne voudrais pas que tu penses du mal de Paul.

Depuis ma dernière lettre, nous avons beaucoup discuté lui et moi. Il m’a même offert des fleurs pour s’excuser de son brusque mouvement d’humeur. Il avait passé une mauvaise journée et je n’ai pas choisi le bon moment pour lui parler. Toute la semaine, il a été aux petits soins pour moi. Comme je m’étais foulé la cheville en tombant, il a demandé à sa mère de venir s’occuper de Samuel. Il est plus attentionné que jamais.

Finalement, je vais refuser la promotion qu’on m’offre. Ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose d’avoir un autre enfant maintenant. J’avais juste abandonné l’idée. Si Paul a mûri et qu’il est prêt, je devrais m’en réjouir. En plus, en congé de maternité je pourrais aider Paul pour sa comptabilité et j’aurais plus de temps pour Samuel.

En passant, je me demandais si tu avais reçu l’invitation pour la soirée retrouvailles. La lettre est arrivée chez ma mère hier et elle est venue me l’apporter. J’étais heureuse de cette occasion de revoir mes amis de collège, mais j’hésitais à dépenser pour une robe de soirée. Maman a dit : « Ça va te faire du bien de sortir pour une fois! ». Paul n’a rien dit, mais il est sorti en claquant la porte et nous avons encore eu une terrible dispute après le départ de ma mère. Ensuite, il s’est excusé d’avoir crié une fois de plus et de m’avoir fait pleurer en brisant mon vase préféré. Il pensait que je m’étais plainte à maman. Je ne ferais jamais ça ! C’est déjà l’enfer lorsqu’ils se voient tous les deux et c’est toujours moi qui se retrouve prise entre l’arbre et l’écorce. Je ne pense pas que maman voulait malfaire, mais je vais lui dire de faire plus attention à ses paroles. Je ne lui parlerai pas de la chicane pour ne pas l’inquiéter.

J’espère que Samuel n’a rien entendu. Il jouait dans sa chambre quand c’est arrivé. Il est si sensible mon petit garçon. Je ne veux pas qu’il ait peur que nous divorcions comme les parents de son ami. Comme dit ma belle-mère, les gens se séparent pour un rien de nos jours. Il faut mettre de l’eau dans son vin pour qu’un couple dure. Mais en t’écrivant, je me rends compte que je suis tannée d’être seule à mettre de l’eau dans mon vin. Quand Paul explose, il s’excuse et s’en veut. Il peut être si gentil. Mais ses bonnes résolutions durent de moins en moins longtemps et tout est à recommencer.

Je me sens un peu découragée, mais ça me fait du bien de pouvoir parler de tout ça avec toi. Tu es une amie précieuse et je vais essayer de me libérer pour passer te voir dès que possible. Et ne t’inquiète pas, je serai vigilante.

À bientôt,

Sylvia

Réponse à mon amie – 2

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Ma grande amie,

Si tu savais comme tu ne m’embêtes pas avec tes incertitudes. Ce qui m’embête, c’est de te voir dans cette situation, de savoir que tu n’es peut-être pas aussi bien dans ta relation que les gens le pensent. Tu sais, avec moi tu peux être toi-même, sans artifice, ni filtre. Tu n’as pas à faire d’effort pour que ta prochaine lettre soit plus positive, si ce que tu vis est difficile. Tu peux avoir confiance en moi, je ne parlerai pas de ce que tu me confies si tu ne m’en donnes pas l’autorisation. Cependant, je crois sincèrement que tu ne devrais pas rester seule avec tout cela. Comme je te l’ai déjà mentionné, je ne pense pas que ce soit bon pour toi et Samuel de vous isoler dans cette situation. Cela dit, je suis contente que notre petite escapade au restaurant t’ait fait du bien. Tu m’as semblé si tourmentée!

Je comprends mieux pourquoi après avoir lu ta dernière lettre. Tu mériterais tant que l’amour que tu donnes te soit remis en retour, mais je ne crois pas que c’est ce qui t’arrive. En réponse à une promotion qui te sourit, tu reçois coups et reproches au lieu des encouragements auxquels tu serais en droit de t’attendre. Je ne sais pas à quel point la bousculade que Paul a provoquée était accidentelle, je me questionne sur ses intentions. J’ai bien peur que la marge entre te pousser violemment et te frapper directement soit mince. La violence qu’elle soit verbale, psychologique ou même économique est tout aussi dommageable que la violence physique. Je ne sais pas si j’ai tort de m’en faire à ce point, mais je suis inquiète pour toi. Après la bousculade, tu as cru qu’il allait te frapper!

Tu dois écouter tes instincts. Sérieusement, je crains qu’un jour il en arrive à être violent physiquement avec toi. La violence, sous toutes ses formes est inacceptable.

Comme ça, Paul voudrait un autre enfant ? Tu ne trouves pas étrange qu’il ait attendu que tu parles d’accepter cette proposition avant d’aborder le sujet d’agrandir la famille? Il sait bien, car il est intelligent tu me l’as dit, qu’il te serait difficile de concilier cette promotion avec une nouvelle grossesse. C’est drôlement une bonne façon de te faire changer d’idée et de briser ta détermination. Pourtant, quand tu as voulu un deuxième enfant, il y a 3 ans, il ne voulait rien savoir.

Je ne sens pas que Paul te respecte dans tes décisions, ni même qu’il te laisse le libre choix sur des sujets aussi importants. As-tu mis un frein à ses ambitions, toi? Non, tu as même investi ton héritage dans son projet d’entreprise. Il te fait vivre beaucoup de pression, non ? Je vois bien les efforts que tu es prête à mettre dans ton couple, mais à quel prix Sylvia?

Tu passes à la maison quand tu veux, ma porte t’est grande ouverte!

Élyse xxx

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com

Lettre à mon amie – 2

Publié le Mis à jour le

Chère Élyse,

Comme toujours, notre rencontre au restaurant m’a fait énormément de bien. Tu me connais si bien. En discutant avec toi, j’ai pris conscience à quel point je tenais à cette promotion. C’est vrai que je travaille dans ce but depuis des années. J’ai enfin réussi à faire reconnaître mes compétences et à prouver qu’une femme peut réussir dans ce domaine. En te quittant, j’étais gonflée à bloc.

Après le souper ce soir-là, j’ai décidé de parler à Paul de ce que ce poste représente pour moi. Il m’a écoutée sans dire un mot et sans me regarder. J’ai eu l’impression qu’il était contrarié et mon enthousiasme a fait place à l’inquiétude. Quand je lui ai demandé ce qu’il en pensait, il m’a dit que je ferais mieux d’aller coucher mon fils avant qu’il ne dérange les voisins avec ses jeux.

J’ai été un bon moment avec Samuel, car il a du mal à s’endormir depuis quelques mois. Finalement, lorsque je suis revenue au salon, Paul m’a dit qu’il était extrêmement déçu de voir que je faisais passer ma carrière avant ma famille. Il m’a crié que je devais bien peu les aimer pour les priver de ma présence pour un peu d’argent. J’étais consternée qu’il interprète mon désir d’avancement de cette façon. Je l’ai assuré de mon amour et j’ai voulu le prendre dans mes bras, mais il m’a repoussée brusquement. J’ai perdu l’équilibre et je me suis fait mal en tombant accidentellement sur la table à café.

Quand j’ai levé les yeux vers lui, j’ai cru un instant que Paul allait me frapper. Mais je me trompais, bien sûr. Il m’a aidée à me redresser et s’est excusé de m’avoir poussée. Il m’a prise dans ses bras et m’a avoué en pleurant qu’il souhaitait avoir un deuxième enfant. Il m’a dit que Samuel serait heureux d’avoir un petit frère, que j’étais une mère formidable et que cette promotion arrivait à un bien mauvais moment. Nous avons fini la soirée dans les bras l’un de l’autre en oubliant de prendre des précautions.

Bref, je ne sais plus où j’en suis. Je ne savais pas que Paul voulait un autre enfant. C’est vrai qu’une grossesse serait difficile à concilier avec ce nouveau poste, au moins pour la première année. Là-dessus, il n’a pas tord. Mais tu sais, ce n’est pas pour l’argent que j’aurais voulu accepter. On ne roule pas sur l’or et une augmentation aurait été bienvenue, surtout que mon petit héritage de matante a été investi dans le projet d’entreprise de Paul, mais j’aime ma famille et je suis prête à me priver de luxe pour les rendre heureux. J’ai de la peine de savoir que Paul en ait douté à cause de moi.

Excuse-moi de t’embêter encore avec mes incertitudes Élyse. Ne t’en fais pas, ça va aller maintenant. Ça m’a fait du bien de t’écrire, mais n’en parle à personne s’il te plait. Je vais faire un effort pour que ma prochaine lettre soit plus positive.

Amicalement,

Sylvia

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com