Jour: 17 décembre 2012

Réponse à mon amie – 2

Publié le

Ma grande amie,

Si tu savais comme tu ne m’embêtes pas avec tes incertitudes. Ce qui m’embête, c’est de te voir dans cette situation, de savoir que tu n’es peut-être pas aussi bien dans ta relation que les gens le pensent. Tu sais, avec moi tu peux être toi-même, sans artifice, ni filtre. Tu n’as pas à faire d’effort pour que ta prochaine lettre soit plus positive, si ce que tu vis est difficile. Tu peux avoir confiance en moi, je ne parlerai pas de ce que tu me confies si tu ne m’en donnes pas l’autorisation. Cependant, je crois sincèrement que tu ne devrais pas rester seule avec tout cela. Comme je te l’ai déjà mentionné, je ne pense pas que ce soit bon pour toi et Samuel de vous isoler dans cette situation. Cela dit, je suis contente que notre petite escapade au restaurant t’ait fait du bien. Tu m’as semblé si tourmentée!

Je comprends mieux pourquoi après avoir lu ta dernière lettre. Tu mériterais tant que l’amour que tu donnes te soit remis en retour, mais je ne crois pas que c’est ce qui t’arrive. En réponse à une promotion qui te sourit, tu reçois coups et reproches au lieu des encouragements auxquels tu serais en droit de t’attendre. Je ne sais pas à quel point la bousculade que Paul a provoquée était accidentelle, je me questionne sur ses intentions. J’ai bien peur que la marge entre te pousser violemment et te frapper directement soit mince. La violence qu’elle soit verbale, psychologique ou même économique est tout aussi dommageable que la violence physique. Je ne sais pas si j’ai tort de m’en faire à ce point, mais je suis inquiète pour toi. Après la bousculade, tu as cru qu’il allait te frapper!

Tu dois écouter tes instincts. Sérieusement, je crains qu’un jour il en arrive à être violent physiquement avec toi. La violence, sous toutes ses formes est inacceptable.

Comme ça, Paul voudrait un autre enfant ? Tu ne trouves pas étrange qu’il ait attendu que tu parles d’accepter cette proposition avant d’aborder le sujet d’agrandir la famille? Il sait bien, car il est intelligent tu me l’as dit, qu’il te serait difficile de concilier cette promotion avec une nouvelle grossesse. C’est drôlement une bonne façon de te faire changer d’idée et de briser ta détermination. Pourtant, quand tu as voulu un deuxième enfant, il y a 3 ans, il ne voulait rien savoir.

Je ne sens pas que Paul te respecte dans tes décisions, ni même qu’il te laisse le libre choix sur des sujets aussi importants. As-tu mis un frein à ses ambitions, toi? Non, tu as même investi ton héritage dans son projet d’entreprise. Il te fait vivre beaucoup de pression, non ? Je vois bien les efforts que tu es prête à mettre dans ton couple, mais à quel prix Sylvia?

Tu passes à la maison quand tu veux, ma porte t’est grande ouverte!

Élyse xxx

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com

Lettre à mon amie – 2

Publié le Mis à jour le

Chère Élyse,

Comme toujours, notre rencontre au restaurant m’a fait énormément de bien. Tu me connais si bien. En discutant avec toi, j’ai pris conscience à quel point je tenais à cette promotion. C’est vrai que je travaille dans ce but depuis des années. J’ai enfin réussi à faire reconnaître mes compétences et à prouver qu’une femme peut réussir dans ce domaine. En te quittant, j’étais gonflée à bloc.

Après le souper ce soir-là, j’ai décidé de parler à Paul de ce que ce poste représente pour moi. Il m’a écoutée sans dire un mot et sans me regarder. J’ai eu l’impression qu’il était contrarié et mon enthousiasme a fait place à l’inquiétude. Quand je lui ai demandé ce qu’il en pensait, il m’a dit que je ferais mieux d’aller coucher mon fils avant qu’il ne dérange les voisins avec ses jeux.

J’ai été un bon moment avec Samuel, car il a du mal à s’endormir depuis quelques mois. Finalement, lorsque je suis revenue au salon, Paul m’a dit qu’il était extrêmement déçu de voir que je faisais passer ma carrière avant ma famille. Il m’a crié que je devais bien peu les aimer pour les priver de ma présence pour un peu d’argent. J’étais consternée qu’il interprète mon désir d’avancement de cette façon. Je l’ai assuré de mon amour et j’ai voulu le prendre dans mes bras, mais il m’a repoussée brusquement. J’ai perdu l’équilibre et je me suis fait mal en tombant accidentellement sur la table à café.

Quand j’ai levé les yeux vers lui, j’ai cru un instant que Paul allait me frapper. Mais je me trompais, bien sûr. Il m’a aidée à me redresser et s’est excusé de m’avoir poussée. Il m’a prise dans ses bras et m’a avoué en pleurant qu’il souhaitait avoir un deuxième enfant. Il m’a dit que Samuel serait heureux d’avoir un petit frère, que j’étais une mère formidable et que cette promotion arrivait à un bien mauvais moment. Nous avons fini la soirée dans les bras l’un de l’autre en oubliant de prendre des précautions.

Bref, je ne sais plus où j’en suis. Je ne savais pas que Paul voulait un autre enfant. C’est vrai qu’une grossesse serait difficile à concilier avec ce nouveau poste, au moins pour la première année. Là-dessus, il n’a pas tord. Mais tu sais, ce n’est pas pour l’argent que j’aurais voulu accepter. On ne roule pas sur l’or et une augmentation aurait été bienvenue, surtout que mon petit héritage de matante a été investi dans le projet d’entreprise de Paul, mais j’aime ma famille et je suis prête à me priver de luxe pour les rendre heureux. J’ai de la peine de savoir que Paul en ait douté à cause de moi.

Excuse-moi de t’embêter encore avec mes incertitudes Élyse. Ne t’en fais pas, ça va aller maintenant. Ça m’a fait du bien de t’écrire, mais n’en parle à personne s’il te plait. Je vais faire un effort pour que ma prochaine lettre soit plus positive.

Amicalement,

Sylvia

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com