Mois: janvier 2013

Lettre à mon amie – 5

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Bonjour Élyse,

Tu te souviens que dans ta dernière lettre, tu écrivais que mon corps me parle et qu’il me demande de réagir? En repensant à mes problèmes de santé, je me suis dit que c’était bien possible. Je suis donc allée voir un médecin au CLSC. Je lui ai parlé de ma fatigue, de mes insomnies et de ma nervosité. J’aurais voulu me confier davantage, mais je n’ai pas osé. Au moins, il m’a prescrit des médicaments et je dors un peu mieux.

Malgré cela, je suis très préoccupée. Si, comme tu dis, j’ai peu à espérer d’une thérapie de couple, je ne sais pas ce que je dois faire. Partir? Paul est le père de Samuel. Si je brise la famille, mon fils va en souffrir et mon mari aussi. Ils sont importants pour moi et je les aime. Je me suis mariée car je voulais un environnement stable pour fonder une famille aimante et solide. Je ne veux pas abandonner mon projet de vie parce que c’est plus dur que prévu. On a vécu tant de choses Paul et moi, on devrait passer au travers.

Et dis-moi, qu’est-ce que je ferais toute seule avec un jeune enfant? Le quotidien serait peut-être encore plus pénible. Je suis tellement épuisée, est-ce que je serais capable d’élever mon fils toute seule? Ou pire encore, de vivre sans lui si jamais son père en avait la garde exclusive? Et financièrement? Déjà avec deux salaires, nous avons des fins de mois difficiles. Je ne voudrais pas que mon fils soit privé à cause de mes choix.

De toute façon, Paul n’accepterait jamais que je parte avec Samuel. L’autre soir, il m’a dit que, si un jour je le quittais, je pourrais m’attendre au pire. Il n’a rien ajouté mais, comme nous venions d’entendre un reportage sur un drame familial, ça m’a troublée. La vérité, c’est que j’ai peur Élyse. Peur de la solitude, du jugement de ma famille, peur de me tromper, de ne pas être à la hauteur, peur du changement, mais peur que rien ne change aussi. Et j’ai peur de Paul maintenant.

Si seulement il voulait aller chercher de l’aide. Mais il trouve que c’est moi qui suis trop sensible et que je m’en fais pour rien. Il n’y a pas de problème d’après lui. Je suis tellement déprimée. Je ne vois plus d’issue. Parfois je me dis que s’il n’y a que moi qui suis malheureuse dans la maison, c’est peut-être que Paul a raison. Alors, j’essaie de me concentrer sur les bons côtés de ma vie, mais ce n’est pas facile tous les jours.

En terminant, je te remercie de m’avoir transmis les coordonnées des maisons d’aide et d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants. Mais, j’hésite à appeler. Les intervenantes ont certainement des situations plus urgentes que la mienne à régler. Mais je les garde à portée de la main. On ne sait jamais.

Merci de te préoccuper de ma santé et de ce que je vis en ce moment. Tu es une véritable amie et je sais que je peux compter sur ton aide et ta franchise.

Sylvia

Lettre à mon amie – 4

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Ma chère Élyse,

J’ai beaucoup pleuré en lisant ta dernière lettre. Si j’ai tant tardé à te répondre, c’est que depuis, on dirait que je n’arrête pas de me poser des questions et d’analyser tout ce qui se passe autour de moi. Pour en avoir le cœur net, j’ai été dans un CLSC près du bureau et j’ai pris discrètement un exemplaire du guide « Brisez le silence ». Au retour, je me suis installée au fond de l’autobus et je l’ai lu. J’avais l’impression qu’on racontait mon histoire et j’ai trouvé ça très troublant et dérangeant.

Tu sais, j’ai honte à l’idée que je pourrais être une victime et que l’homme que j’aime serait violent. En même temps, j’éprouve du réconfort à pouvoir mettre des mots sur ce que je vis et trouver un sens aux émotions contradictoires qui m’envahissent. Mais, je dois prendre le temps de penser à tout cela, je suis confuse. Je ne suis pas certaine que ma situation soit si grave. Il y a des femmes plus à plaindre, non?

C’est vrai que j’ai de plus en plus peur des réactions imprévisibles de Paul. Je suis blessée par ses méchancetés lorsqu’il est en colère. Mais il n’est pas toujours comme ça. D’un autre côté, si c’est vraiment de la violence conjugale que je vis, qu’est-ce que je devrais faire? Crois-tu que les choses pourraient s’améliorer si je consultais un psychologue ou un prêtre? Paul n’a pas confiance dans ces gens-là et j’hésite à lui en parler. Mais, il faut que je trouve une solution, ça ne peut plus durer comme ça.

C’est peut-être le manque de sommeil qui me rend plus émotive et sensible. Tu sais, je fais de l’insomnie depuis des semaines et je commence à ressentir de l’épuisement. La fatigue me rend nerveuse. Je suis tendue comme un arc. Encore hier, j’ai fait un tel saut lorsque Paul est arrivé derrière moi que j’en ai échappé l’assiette que j’essuyais. Je suis tellement maladroite parfois. Paul peut bien s’énerver contre moi, je casse tout et je pleure pour rien. Je ne me reconnais plus moi-même.

J’espère que tu ne m’en voudras pas si je te fais faux bond pour la soirée retrouvailles, mais je ne pense pas y aller finalement. Je n’en ai plus tellement envie. Je dois me reposer. J’ai déjà besoin de toute mon énergie pour arriver à boucler ma semaine de travail, mes tâches ménagères et mon rôle de maman. Je n’ai même plus la force de faire mes exercices quotidiens ou de lire un peu avant de m’endormir. Je n’arrive plus à me concentrer et on dirait que je relis la même phrase à répétition, c’est déprimant. Alors, je limite mes activités sociales pour économiser mes forces. De toute façon, je ne serais pas de très bonne compagnie. Déjà à la maison, Paul me trouve bien ennuyante. Il n’y a que mon petit Samuel pour dire que sa maman est amusante lorsque nous jouons tous les deux avant le retour de Paul. C’est le soleil de ma vie cet enfant.

Et me voilà encore émotive ! Merci de ta grande patience Élyse. Je t’embrasse.

 

Sylvia

Réponse à mon amie – 4

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Ma très chère Sylvia,

Je comprends ta grande fatigue et le fait que ta tête semble bien prise par tout ce que tu vis. Bien sûr, j’aurais aimé que tu te joignes à nous pour cette mémorable soirée. Je nous y voyais déjà comme deux petites filles au collège s’évadant de la surveillance parentale pour une soirée entre amies. Mais je respecte ton choix. Tu me diras si je me trompe, mais est-ce pour éviter une confrontation avec Paul que tu préfères renoncer à cette soirée si attendue? Je comprends que tu puisses te demander où trouver l’énergie de le convaincre de te laisser passer une soirée avec tes amies. Sans parler de sa réaction possible au retour.

Cela dit, je ne crois pas que de voir un psychologue ou un prêtre ensemble pourrait faire un changement dans ta situation. C’est Paul qui a un problème de violence et toi tu en écopes en étant victime de ses comportements. En voyant tes interrogations, j’ai compris que si je voulais t’aider, te supporter, je devais aller chercher de l’information et surtout ne pas fermer les yeux. Sur mon petit guide que je me suis procuré à la clinique médicale la semaine passée, il y avait le numéro de téléphone d’une ligne d’écoute 24h. J’ai donc contacté une maison d’hébergement qui vient en aide aux femmes et aux enfants qui sont victimes de violence conjugale. Une intervenante a répondu à mes questions et m’a appris que lorsqu’une femme vit de la violence conjugale, il arrive souvent que ses maux se traduisent physiquement. L’insomnie, la fatigue, l’anxiété, la dépression et les séquelles liées aux coups reçus sont malheureusement monnaie courante. Alors, lorsque j’ai lu dans ta lettre toutes les émotions contradictoires qui t’habitent, ton manque de sommeil et d’énergie, j’ai encore mieux compris comment tu peux te sentir. L’intervenante m’a appris que ce sont là quelques-unes des conséquences qu’a la violence conjugale sur la santé des femmes.

Crois-tu mon amie que la violence que tu subis et que tu constates pourrait avoir de plus en plus d’impacts sur ta santé ? Je comprends à quel point ça peut être difficile pour toi de t’avouer que Paul a des comportements violents et que ton mariage n’est pas ce que tu t’étais imaginé au départ. Quel dilemme tu dois vivre au quotidien ! Je comprends toute l’ambivalence que cela peut te faire vivre, de même que le sentiment de honte et les questionnements qui te torturent.

Tu sais Sylvia, j’ai vraiment l’impression que ton corps te parle, qu’il te demande de réagir. Je suis inquiète pour ta santé physique, mais aussi psychologique. Pourquoi tu n’irais pas consulter Dr Emeryse, elle est si prévenante. Peut-être que, lorsque tu te sentiras prête, tu pourrais contacter une maison d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. Je suis certaine qu’elles pourront être à ton écoute et te soutenir dans ta réflexion. Je te laisse des numéros de téléphone au besoin.

Avec amour et compréhension.

Élyse xxx

La violence conjugale chez les immigrées et les femmes nées au Canada

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(Ressource Web) Organisme : Women’s College Hospital, Femmes en santé

« Une étude de recherche récente vient de jeter une nouvelle lumière sur la situation des immigrées victimes de violence conjugale au Canada.

Bien que les données en matière de violence conjugale soient de plus en plus nombreuses, on en sait bien moins sur l’impact de celle-ci sur les immigrées, selon la Dre Janice Du Mont, chercheuse au Women’s College Research Institute et principale auteure de l’étude. »

http://www.femmesensante.ca/resources/show_res.cfm?ID=44098

Un certificat voyage de 3 000$

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C’est dans le cadre de sa Campagne papillon, que La Gigogne à lancé au mois de décembre dernier sa loterie voyage.

Les billets sont vendus au coût de 20$ chacun. Vous avez une chance sur 550 de gagner un beau certificat voyage d’une valeur 3 000$ !  Le tirage aura lieu le 14 février 2013.
Tous les profits vont à la construction de l’Entre-Temps. Une maison de seconde étape, avec 6 logements sécuritaires et temporaires pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

Les billets en vente au dépanneur Le Cristal et dépanneur Du Lac, ou
au 418-562-3377 auprès de Michèle Cody