Jour: 19 février 2013

Réponse à mon amie – 7

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Sylvia,

Ça me rassure de savoir que Samuel et toi avez pu avoir une discussion. Je me doute bien de la peine que tu as pu ressentir de savoir que ton enfant souffre et qu’il est malheureux. Je crois sincèrement que tu n’as pas à te culpabiliser de ce qu’il vit, car Samuel et toi êtes VICTIMES de violence.

Je suis outrée d’apprendre que Paul avait aussi des comportements violents envers ton fils. Je savais que Samuel était témoin de toute cette agressivité, mais d’apprendre qu’il a lui-même été victime de son père est terrible. Je comprends bien qu’après un tel dévoilement, tu songes à quitter la maison. Je me sens soulagée par ta décision. En même temps, je crois que moi aussi j’ai peur de la réaction que Paul pourrait avoir s’il découvrait tes intentions. Je pense que c’est une bonne stratégie de ne pas l’aviser de ton départ. S’il sentait qu’il perd le contrôle sur toi, j’ai le sentiment qu’il pourrait réagir violemment. Il est plus prudent de commencer par vous mettre à l’abri de ses excès de colère avant d’avoir cette discussion avec lui.

C’est pourquoi je demeure persuadée que c’est une très bonne idée que de contacter, le plus tôt possible, une maison d’hébergement afin d’être accompagnée et conseillée. Il y a des milliers de femmes et d’enfants qui, chaque année, trouvent réconfort, soutien et sécurité dans ces maisons. Les personnes qui y travaillent ont certainement l’expertise nécessaire pour t’aider. Je suis consciente que c’est une grosse décision que tu viens de prendre Sylvia, mais je veux que tu te souviennes que tu n’es pas seule dans cette épreuve. Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui comprend les enjeux et les déchirements de quitter un conjoint violent. Cependant, dans les moments difficiles pense à ceux qui t’aiment et te soutiennent. Ne te laisse pas ébranler par les préjugés et les jugements.

Fonce Sylvia ! Le soleil brillera de nouveau pour toi.

  

Élyse

  Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com

Lettre à mon amie – 7

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Bonjour Élyse,

Suite à ma discussion avec le professeur de maternelle, j’ai eu une longue conversation avec mon petit garçon et j’ai compris à quel point il était anxieux et malheureux. Je m’en veux tellement de ne pas avoir vu tout cela plus tôt. Si tu savais tout ce qu’il m’a raconté…

Je lui cachais des choses pour le protéger et lui faisait la même chose pour moi. Mon fils qui tente de me protéger, c’est le monde à l’envers. Tout ce temps-là, je croyais que Paul n’était agressif qu’avec moi. Je me trompais Élyse.

Samuel m’a confié comment les choses se passaient lorsqu’il était seul avec son père. Des cris, des mots blessants, des pénitences injustes… Un jour, il a cassé son hockey en deux sous prétexte qu’il avait oublié de le ranger. À moi, il avait dit que c’était un accident dans la cour d’école. Mon pauvre petit… Je m’en veux et j’en veux à Paul. Je suis tellement en colère ! Je voudrais lui dire en face tout ce que je pense de lui et de sa méchanceté. Mais j’ai peur qu’il en profite pour nous faire encore plus de mal à Samuel et moi. Il a tout brisé Élyse ! Nous aurions pu être si heureux s’il y avait mis du sien.

J’ai le cœur gros, mais ma décision est prise. Je ne sais pas comment je vais y arriver, mais je dois partir. Ce qui est difficile, c’est que je dois organiser mon départ sans éveiller les soupçons de Paul ou de ma belle-famille. Il faut que je continue d’agir normalement. Sinon, j’ai peur qu’ils arrivent à me convaincre de rester par des menaces, des promesses ou en me culpabilisant. Je sais que je suis encore fragile et je me sens déjà assez coupable comme ça.

Mais non, ils ne me retiendront pas. Il y a quelque chose qui s’est brisé en moi lorsque j’ai vu mon petit ange pleurer toutes les larmes de son corps. Je n’ai plus d’espoir que Paul change. Maintenant, ma priorité est de protéger mon enfant et de le rassurer. Peut-être que nous aurons des épreuves et des difficultés à surmonter, mais nous serons ensemble et nous vivrons dans un environnement sain et paisible.

Je pense que je vais suivre tes conseils et contacter une maison d’hébergement. Peut-être qu’avec l’aide d’une intervenante je réussirai à partir d’ici de façon sécuritaire. Je ne sais pas encore où j’irai. Ma mère nous accueillerait sûrement pour quelques jours, mais elle n’a pas beaucoup d’espace et c’est le premier endroit où Paul viendrait nous chercher. Je vais m’informer aussi sur le fonctionnement de la maison d’hébergement. Je t’en donnerai des nouvelles. Je me sens comme si j’étais sur le point de sauter dans le vide, mon amie. Mais je suis déterminée et je sais que je peux compter sur ton soutien.

Merci pour tout.

Sylvia

 

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com