Jour: 20 février 2013

Registre québécois des armes

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Les intervenantes en violence conjugale saluent le dépôt du projet de loi 20

« Montréal, le 19 février 2013 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue l’initiative du ministre de la Sécurité publique, M. Stéphane Bergeron, qui a déposé aujourd’hui le projet de loi sur l’enregistrement des armes à feu.  «Le geste du ministre traduit le consensus qui réunit l’ensemble des partis politiques du Québec ainsi que sa société civile» affirme Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement.

Le projet de loi permettra la mise sur pied rapide du registre québécois lorsque la Cour d’appel aura rendu son jugement et que les données sur les armes déjà enregistrées seront transmises au gouvernement du Québec.

Un outil indispensable pour les victimes

Le registre permet chaque jour aux policiers de moduler leurs interventions en tenant compte de la présence des armes, notamment dans des situations de violence conjugale.  Sachant à quoi s’attendre, les policiers peuvent mieux assurer la sécurité des victimes ainsi que la leur. De plus, le registre facilite grandement l’exécution des ordonnances de saisie des armes, généralement prononcées suite à la commission d’un crime en contexte conjugal. 

Les intervenantes des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, surtout en milieu rural, reçoivent chaque jour les confidences de femmes qui craignent que leur conjoint n’atteigne à leur vie ou à celle de leurs enfants en utilisant leur fusil de chasse.  Ces craintes sont fondées puisque près de 80% des homicides conjugaux par arme à feu sont commis avec une arme de chasse. Or, depuis l’adoption de mesures de contrôle des armes à feu, on a vu le nombre d’homicides conjugaux commis avec une arme décroître de 74%, alors que l’ensemble de ces homicides n’a diminué que de 44 %.  «Le registre concourt indéniablement à sauver des vies» souligne Louise Riendeau.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 47 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour but de sensibiliser à la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales. »

http://maisons-femmes.qc.ca/?p=1748

 

Violence conjugale : parler pour s’en sortir

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Publié le 19 Février 2013 –  Claude Giguère – Guide de Montréal Nord

… »Êtes-vous surprises d’apprendre que seulement 30 % des femmes de Montréal-Nord qui ont appelé la police à la suite d’un crime de violence conjugale acceptent que leur dossier soit transféré à une intervenante du CLSC?

« Non, il n’est pas surprenant de l’apprendre. »

Pourquoi croyez-vous que tant de femmes refusent cette main tendue? La peur?

« Il y a plusieurs raisons qui justifient cette situation, la peur en est en bonne partie responsable. Mais peur de quoi… peur qu’il mette ses menaces à exécution, peur de ne pas y arriver seule, peur du jugement, peur d’avoir été responsable de la violence du conjoint, comme elle se l’est fait souvent dire par le conjoint, peur que l’intervenante pense qu’elle est une mauvaise mère, peur d’être prise pour folle, peur de l’inconnu, peur de s’avouer qu’il ne changera pas, peur de reconnaître que ce n’est pas un événement isolé et de se nommer victime de violence conjugale. Plusieurs personnes croient aussi que la violence conjugale c’est comme une chicane de famille, ça se règle en famille. On se sent aussi parfois honteuse d’avoir à aller chercher de l’aide, parce qu’on croit que c’est un signe de faiblesse »… 

http://www.guidemtlnord.com/Societe/Changeons-le-monde/2013-02-19/article-3179808/Violence-conjugale-%3A-parler-pour-s%26rsquo%3Ben-sortir/1

Réponse à mon amie – 8

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Chère Sylvia,

Quelle bonne idée tu as eu de téléphoner de ton bureau afin d’obtenir de l’aide. Je crois que dans la situation explosive dans laquelle tu te sentais prise, c’était sans aucun doute la meilleure façon de faire afin d’éviter tout débordement de violence de la part de Paul. Je me suis bien gardée d’insister sur mes peurs la semaine passée pour ne pas t’inquiéter plus que tu ne l’étais déjà. Après tout, tu avais assez de tes angoisses sans vivre les miennes. Mais je dois avouer que je suis plus rassurée de te savoir désormais dans un lieu sécuritaire.

Quel soulagement ça doit être pour toi d’avoir pu enfin parler à quelqu’un de l’extérieur de ce que tu vis sans te sentir jugée. L’expertise des intervenantes qui travaillent en maison d‘hébergement te permettra assurément d’avoir un nouvel éclairage sur ta situation. Il y a énormément de femmes et d’enfants qui bénéficient de leurs services tout au long de l’année. J’ai réalisé l’ampleur du fléau lorsque j’ai lu un article la semaine passée dans le journal local où l’on pouvait apprendre qu’une Québécoise sur 5 risque d’être victime de violence conjugale dans sa vie, sans égard à son statut social, son âge ou son revenu. J’ai compris que la victime ça pouvait être tant la caissière du dépanneur que la directrice de l’école. Malheureusement, aucune femme ne peut se considérer à l’abri de la violence conjugale, pas même moi.

Ce sera sûrement facilitant pour toi de ne pas avoir de contraintes financières pour t’héberger, en plus de tout le reste qu’il te faut régler. Sans parler que si tu sens le besoin de rencontrer quelqu’un, il y a une intervenante sur place en tout temps.

De savoir que tu as des gens pour te soutenir, t’écouter et te conseiller est libérateur pour moi aussi. Je m’en faisais tellement pour toi ma grande amie. Cela dit, je sais qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir afin que vous retrouviez, Sam et toi, une vie équilibrée. Mais, c’est un bien grand pas vers la liberté que tu viens d’accomplir.

Si jamais je peux t’être utile dans tes démarches ou si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas à m’en parler. Sur ce, je te laisse aller prendre soin de toi et de ton bout de chou. Embrasse-le pour moi.

J’attends d’autres nouvelles. Inconditionnellement!

 Élyse

 

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com

Lettre à mon amie – 8

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Ma grande amie,

J’ai du mal à y croire, mais ça y est… J’ai fait le grand saut. Je suis partie de la maison avec mon fils ce matin. Lundi midi, j’ai contacté une maison d’hébergement afin de prendre de l’information. Je ne voulais pas appeler de la maison, alors je suis restée dans mon bureau lorsque mes collègues sont sortis dîner. L’intervenante à qui j’ai parlé a pris le temps de m’écouter et de répondre à toutes mes questions. Elle était bienveillante envers moi et je ne me suis pas sentie jugée. Nous avons parlé de ce qui m’amenait à demander de l’aide, de ma relation avec Paul et de mes craintes. Nous avons regardé ensemble les options possibles pour moi, si j’avais un endroit sécuritaire où aller. Lorsque j’ai mentionné à l’intervenante que je craignais que mon mari ne vienne me harceler chez ma mère si je m’y installais, elle m’a demandé si j’avais envisagé la possibilité de venir en maison d’hébergement. Elle m’a parlé de la réalité de la vie communautaire et de l’aide offerte par les maisons d’hébergement.

J’ai été soulagée d’apprendre qu’il n’y avait pas de frais pour la chambre, les repas et les rencontres d’intervention pour les femmes et les enfants. Ça donne le temps de se remettre sur pieds. Elle m’a expliqué que leur maison était comme une grande demeure familiale avec des aires communes, dont le salon, la cuisine et la salle de jeux, quelques bureaux et des chambres privées. J’ai senti que c’était ce que je devais faire et j’ai demandé si on pouvait me réserver une chambre. Je voulais partir le plus vite possible, car j’avais peur que Paul ne se rende compte d’un changement dans mon attitude. Il y avait bien une chambre disponible pour Samuel et moi. L’intervenante m’a donc aidée à planifier mon départ de façon sécuritaire. Après avoir raccroché, je me sentais fébrile mais plus sure de moi.

Le lendemain matin, dès que Paul est parti pour le bureau, j’ai avisé mon patron que je n’irais pas travailler et j’ai informé l’école que Samuel serait absent. J’ai écrit un mot à Paul, puis j’ai dit à Samuel que nous allions dans un endroit pour nous reposer tous les deux. Ensuite, j’ai préparé nos valises et nous sommes partis. Trente minutes plus tard, je sonnais à la porte de la maison d’hébergement. L’intervenante nous a accueillis chaleureusement. Elle nous a fait visiter la maison. C’est calme et bien aménagé. Nous avons une chambre juste pour nous deux. On nous a présenté les autres résidentes. Ensuite, pendant que Samuel s’amusait dans la salle de jeux avec l’intervenante jeunesse, j’ai rencontré mon intervenante dans son bureau. J’ai pu parler de mes émotions, de mes craintes, de mes attentes. Cela m’a fait du bien. Samuel et moi sommes en sécurité maintenant.

Merci de m’avoir encouragée à foncer.

Je vais prendre le temps de m’installer et je te recontacte dès que possible.

 Sylvia

 

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com