Confrontée à cette tolérance sociale de la violence conjugale, la femme se demande…

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Au fur et à mesure des agressessions, la conjointe arrive à voir la violence comme normale et même justifiée. Son  seuil de tolérance augmente, au point qu’elle ne perçoit plus les manifestations les plus quotidiennes de l’abus de pouvoir.

Par ailleurs, elle se rend compte que la société qui l’entoure est encore plus tolérante qu’elle. Regards qui fuient, voisins qui n’entendent pas ses cris, policiers un peu incrédules ou condescendants: elle voit bien que son conjoint est protégé par le silence ambiant !

Confrontée à cette tolérance sociale de la violence conjugale, la femme se demande si elle prend les choses trop à coeur. Ce n’est peut-être pas si grave que ça! Alors qu’elle se sent trahie et injustement traitée par son conjoint, cette femme en arrive à avoir honte à se sentir incompétente. Ne lui dit-on pas qu’elle provoque les agressions ? Qu’elle n’a qu’à partir ?

Aux prises avec la violence conjugale, une femme se vide littéralement de son dynamisme et de son énergie vitale. Pourquoi ? Parce qu’elle se conditionne à subir constamment un climat de tension; parce qu’elle doute de ses émotions et de sa propre compréhension de la situation. Est-il surprenant que toute cette peur et que cette insécurité permanente se traduisent en maux physiques ?

La violence conjugale a des effets dévastateurs sur la santé mentale et physique des femmes qui en sont victimes. Sur le plan physique, elles ressentiront des douleurs variées, des allergies, de l’insomnie, des troubles digestifs, etc. Sur le plan de la santé mentale, les conséquences se traduiront par la consommation de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques et analgésiques), une détresse psychologique élevée, des symptômes de dépression.

Source : Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale – 2006. La violence conjugale…c’est quoi au juste ?, p26-28

Michelle Cody, intervenante à La Gigogne