Un adolescent de Matane, entreprend un combat contre la violence faite aux femmes et aux enfants

Publié le Mis à jour le


Chantale

Chantale Arseneault
Publié le 07 octobre 2015

TÉMOIGNAGE. Éric (prénom fictif), un adolescent de Matane, entreprend un combat contre la violence faite aux femmes et aux enfants.

Après avoir été secouru des griffes de son agresseur, il panse ses plaies psychologiques. Dans ce processus de « guérison », il a demandé à rencontrer un journaliste. Il souhaite que son message soit entendu par les personnes violentées et aussi par les généreux donateurs.« Je souffre encore mais je souffre moins qu’avant parce que j’ai eu de l’aide sans ça je ne sais pas… » Le jour de notre rencontre, Éric célèbre son anniversaire. Du haut de ses 13 ans, le jeune garçon porte sur ses épaules un bien trop lourd passé. L’inexplicable lui est arrivé. Un proche a voulu faire de lui un meurtrier, mais grâce à son sens de la répartie, il a été capable de se tirer de cette terrible situation et de protéger les siens aussi.

« Je lui en veux, mais en même temps non, parce que je comprends qu’il avait des problèmes ».

crédit photo : TC Media Chantale Arseneault

Malgré tout ce qu’on lui a fait subir, le jeune garçon est très posé et surtout réfléchi. Son courage est déconcertant, en même temps exemplaire.

« Toutes les victimes n’ont pas le courage de parler. Moi je l’ai et je parle pour elles. La violence mentale est la plus dure. C’est elle qui reste le plus longtemps. Il faut que ça arrête chez les enfants, mais aussi chez les femmes. C’est là le plus important parce que la violence, c’est comme une guerre, mais en même temps, ça tue la personne… à petit feu ».

Issu d’une famille de quatre enfants, lui et sa famille ont été accompagnés par les intervenantes de la Gigogne en 2012. Éric a d’abord été préparé à témoigner étant une victime directe. Ce qu’il a fait avec brio. Il se rappelait de tous les détails et il a gardé son calme. Son agresseur a été emprisonné.

« C’était stressant, mais je me suis dit : Il faut que je montre que je ne suis pas quelqu’un de fou. Mon témoignage a été considéré comme celui d’un adulte par la juge ».

Étant donné l’ampleur de son vécu de violence, Éric a pu bénéficier de deux camps d’été offerts par la Gigogne, question de l’éloigner un peu de la famille et aussi pour lui apprendre des scénarios de protection. À la suite de ces étapes difficiles, le processus de dé-victimisation a été enclenché et après toutes ces années, Éric et sa famille entrevoient la lumière au bout du tunnel grâce à l’aide qu’ils ont reçue et qu’ils reçoivent encore.

« Toutes les victimes n’ont pas le courage de parler. Moi je l’ai et je parle pour elles ».Éric

« Je veux dire merci aux gens qui font des dons à la Gigogne. Aujourd’hui, je vois ma mère heureuse. Ça me fait du bien. Le jour, je n’y pense pas. C’est juste la nuit. Je fais de mauvais rêves. »

Un jour, son agresseur sortira de prison. Éric s’y prépare. En attendant, il grandit. Comme tous les autres enfants, il joue, il étudie et il aspire à devenir professeur de géographie, et bien évidemment, toujours en gardant à l’esprit qu’il faut être prêt à toutes les éventualités.

Des activités de financement sont essentielles

La Gigogne est une maison d’aide et d’hébergement pour les femmes et les enfants victimes de violence à Matane. Dans ce secteur, l’intervenante jeunesse de la Gigogne rencontrée voit une cinquantaine de petites victimes chaque année. Les besoins financiers sont constants pour répondre aux demandes des femmes et enfants violentés, dès les premiers jours jusqu’à la période de transition à la maison l’Entre-temps. À cet effet, des activités de financement sont organisées. Des billets ont été mis à vendre au profit de La Gigogne – Campagne papillon – pour un cocktail dinatoire avec encan le 29 octobre, à 17 h 30, au Vignoble Carpinteri. De plus, 1000 billets sont disponibles pour un certificat voyage d’une valeur de 3 000 $. Le tirage aura lieu le 14 février 2016 à 10 h 30. Info : Michèle Cody au 562-1592 ou entretempsgigogne@hotmail.com.

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