Homicide conjugal à Rimouski – Les partis politiques pressés de s’engager pour accentuer la lutte contre la violence conjugale

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Communiqué de presse  – Pour diffusion immédiate

« Montréal – le 7 août 2012. Après le meurtre d’une femme à Lasalle en juillet, celui de deux enfants à Warwick quelques jours plus tard, une femme perdait la vie samedi dernier à Rimouski.  Une autre… Dans les trois cas, l’auteur présumé du meurtre est le conjoint ou le père.  Les deux femmes ont été poignardées sous les yeux de leurs enfants.  Si les homicides et les infanticides constituent les événements les plus graves et les plus médiatisés, les différentes manifestations de violence conjugale brisent, chaque jour, des vies.  Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale presse tous les partis politiques à s’engager à accentuer la lutte contre la violence conjugale.

Une bataille inachevée

« Depuis quelque 30 ans, le Québec s’est mis en action pour prévenir la violence conjugale et pour aider les femmes, et leurs enfants, à y échapper », rappelle Madame Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement.  Des maisons d’aide et d’hébergement, présentes dans toutes les régions du Québec, peuvent aider les victimes à assurer leur sécurité, les soutenir dans leurs démarches, apporter une attention particulière aux enfants traumatisés par cette violence.

Des politiques et des plans d’action gouvernementaux ont incité les policiers et les tribunaux à agir et à condamner les actes criminels commis en contexte conjugal. Mais beaucoup reste encore à faire.  « Les intervenantes de chacune des maisons d’aide et d’hébergement constatent comment il est encore difficile pour une victime de convaincre les policiers d’acheminer une dénonciation aux procureurs, lorsque le conjoint enfreint les conditions de ne pas l’approcher ou l’importuner.  Des représentants des forces de l’ordre allèguent qu’ils n’ont pas été témoins de l’incident, qu’il peut s’agir de l’effet du hasard si monsieur passait par là; ils demandent alors aux femmes de noter les différents bris de condition et de rappeler quand ils seront assez nombreux.  Dans certains cas, des femmes risque d’être tuées, avant d’avoir pu rappeler », déplore Madame Villeneuve.

On constate également la difficulté des tribunaux de la famille de tenir compte de la violence conjugale, du fait qu’elle se poursuit, et augmente parfois, après la séparation.  Des juges octroient des droits de garde et d’accès aux enfants, sans évaluer les risques que cela fera courir à la mère et aux enfants.  Ces risques sont d’autant plus grands que le Québec manque de services de supervision de droits d’accès qui pourraient permettre aux pères violents de voir leurs enfants sans menacer leur sécurité ou celle de leur mère.

Des actions à poursuivre

Ces dernières années, divers intervenants (maisons pour femmes, groupes pour conjoints violents, services policiers, services correctionnels, etc.) ont commencé à s’outiller pour mieux évaluer les risques que comportent les situations de violence conjugale.  Certains se concertent avec succès pour protéger les victimes et leurs proches. « Ces efforts conjoints en matière d’évaluation des risques à la sécurité doivent se poursuivre et même s’accentuer », souligne la présidente du Regroupement.

La formation des policiers doit devenir continue pour leur permettre de mieux évaluer chaque cas de violence conjugale, de poser les gestes qui s’imposent en fonction de la situation en l’espèce et diriger les victimes vers des ressources spécialisées.  Les intervenants judiciaires (juges, procureurs, avocats en droit de la famille) doivent également être formés et sensibilisés aux dangers de la violence conjugale.  « Une réflexion s’impose sur les façons de faire de nos tribunaux en cette matière.  On doit s’inspirer de ce qu’il se fait de mieux ailleurs et rendre accessible, dans toutes les régions du Québec, des services de supervision de droits d’accès », ajoute Madame Villeneuve.

Enfin, on doit poursuivre les campagnes de sensibilisation de la population pour que les victimes et leurs proches reconnaissent la violence conjugale, sachent comment la dénoncer et où demander de l’aide.

Des engagements attendus

Au moment où les élections ont été déclenchées, le gouvernement du Québec préparait un troisième plan d’action en matière de violence conjugale. Ceux et celles qui pleurent la disparition de leurs proches dans un tel contexte, les victimes qui essaient d’y échapper, les intervenants et intervenantes qui chaque jour combattent ce fléau, tous ont besoin de savoir quelles seront les actions des différents partis s’ils forment le prochain gouvernement. « Dès la semaine dernière, le Regroupement des maisons a commencé à interpeller les différentes formations politiques, le meurtre de samedi, nous oblige à redoubler d’ardeur et à demander aux chefs de tous les partis de s’engager », souligne Madame Villeneuve.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 47 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour but de sensibiliser à la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales. »

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Source :     Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Nathalie Villeneuve, présidente

Pour information : Louise Riendeau, (514) 220-1057 (cellulaire)