Lettre à mon amie – 3

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Bonjour Élyse,

Je me suis sentie un peu mal en lisant ta lettre. Je suis sensible à ton inquiétude pour moi, mais je pense t’avoir donné une mauvaise impression de Paul et de ma relation avec lui.

Je ne voudrais pas que tu penses du mal de Paul.

Depuis ma dernière lettre, nous avons beaucoup discuté lui et moi. Il m’a même offert des fleurs pour s’excuser de son brusque mouvement d’humeur. Il avait passé une mauvaise journée et je n’ai pas choisi le bon moment pour lui parler. Toute la semaine, il a été aux petits soins pour moi. Comme je m’étais foulé la cheville en tombant, il a demandé à sa mère de venir s’occuper de Samuel. Il est plus attentionné que jamais.

Finalement, je vais refuser la promotion qu’on m’offre. Ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose d’avoir un autre enfant maintenant. J’avais juste abandonné l’idée. Si Paul a mûri et qu’il est prêt, je devrais m’en réjouir. En plus, en congé de maternité je pourrais aider Paul pour sa comptabilité et j’aurais plus de temps pour Samuel.

En passant, je me demandais si tu avais reçu l’invitation pour la soirée retrouvailles. La lettre est arrivée chez ma mère hier et elle est venue me l’apporter. J’étais heureuse de cette occasion de revoir mes amis de collège, mais j’hésitais à dépenser pour une robe de soirée. Maman a dit : « Ça va te faire du bien de sortir pour une fois! ». Paul n’a rien dit, mais il est sorti en claquant la porte et nous avons encore eu une terrible dispute après le départ de ma mère. Ensuite, il s’est excusé d’avoir crié une fois de plus et de m’avoir fait pleurer en brisant mon vase préféré. Il pensait que je m’étais plainte à maman. Je ne ferais jamais ça ! C’est déjà l’enfer lorsqu’ils se voient tous les deux et c’est toujours moi qui se retrouve prise entre l’arbre et l’écorce. Je ne pense pas que maman voulait malfaire, mais je vais lui dire de faire plus attention à ses paroles. Je ne lui parlerai pas de la chicane pour ne pas l’inquiéter.

J’espère que Samuel n’a rien entendu. Il jouait dans sa chambre quand c’est arrivé. Il est si sensible mon petit garçon. Je ne veux pas qu’il ait peur que nous divorcions comme les parents de son ami. Comme dit ma belle-mère, les gens se séparent pour un rien de nos jours. Il faut mettre de l’eau dans son vin pour qu’un couple dure. Mais en t’écrivant, je me rends compte que je suis tannée d’être seule à mettre de l’eau dans mon vin. Quand Paul explose, il s’excuse et s’en veut. Il peut être si gentil. Mais ses bonnes résolutions durent de moins en moins longtemps et tout est à recommencer.

Je me sens un peu découragée, mais ça me fait du bien de pouvoir parler de tout ça avec toi. Tu es une amie précieuse et je vais essayer de me libérer pour passer te voir dès que possible. Et ne t’inquiète pas, je serai vigilante.

À bientôt,

Sylvia