vie de couple

Réponse à mon amie – 7

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Sylvia,

Ça me rassure de savoir que Samuel et toi avez pu avoir une discussion. Je me doute bien de la peine que tu as pu ressentir de savoir que ton enfant souffre et qu’il est malheureux. Je crois sincèrement que tu n’as pas à te culpabiliser de ce qu’il vit, car Samuel et toi êtes VICTIMES de violence.

Je suis outrée d’apprendre que Paul avait aussi des comportements violents envers ton fils. Je savais que Samuel était témoin de toute cette agressivité, mais d’apprendre qu’il a lui-même été victime de son père est terrible. Je comprends bien qu’après un tel dévoilement, tu songes à quitter la maison. Je me sens soulagée par ta décision. En même temps, je crois que moi aussi j’ai peur de la réaction que Paul pourrait avoir s’il découvrait tes intentions. Je pense que c’est une bonne stratégie de ne pas l’aviser de ton départ. S’il sentait qu’il perd le contrôle sur toi, j’ai le sentiment qu’il pourrait réagir violemment. Il est plus prudent de commencer par vous mettre à l’abri de ses excès de colère avant d’avoir cette discussion avec lui.

C’est pourquoi je demeure persuadée que c’est une très bonne idée que de contacter, le plus tôt possible, une maison d’hébergement afin d’être accompagnée et conseillée. Il y a des milliers de femmes et d’enfants qui, chaque année, trouvent réconfort, soutien et sécurité dans ces maisons. Les personnes qui y travaillent ont certainement l’expertise nécessaire pour t’aider. Je suis consciente que c’est une grosse décision que tu viens de prendre Sylvia, mais je veux que tu te souviennes que tu n’es pas seule dans cette épreuve. Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui comprend les enjeux et les déchirements de quitter un conjoint violent. Cependant, dans les moments difficiles pense à ceux qui t’aiment et te soutiennent. Ne te laisse pas ébranler par les préjugés et les jugements.

Fonce Sylvia ! Le soleil brillera de nouveau pour toi.

  

Élyse

  Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com

Comment vous dire compagnons de route…!

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« Que je vis et que je meurs tous les jours….

Que je vis en harmonie avec moi-même lorsque je franchis des peurs, que je me lance des défis, que je m’affirme et que j’acquiers des connaissances que je partage avec l’ensemble des femmes qui souffrent.

Que je meurs des gestes disgracieux de certains hommes, de leur manque de respect, de leur regard condescendant réservé aux soi-disantes féministes.

Que j’ai le sentiment de ramasser la haine à la pelle, lorsque j’entends annoncer leurs meurtres de femmes que l’agresseur jugeait fautive; ce maudit hiver de haine qui s’éternise…

Que tous les jours, je rêve d’être acceptée, choyée et validée dans mon désir de liberté par l’autre genre.

Que j’ai besoin de vous, hommes aimants, pour vaincre ce désir de domination et de destruction de vos pairs. Osez exprimer que les compromis intégrés à votre vie, pour en répartir les bénéfices équitablement, vous ont permis de sortir du joug du modèle stéréotypé de l’homme froid et insensible. Parler de votre gain de liberté et des liens de complicité qui vous rapprochent des femmes. Faites réfléchir vos connaissances, vos copains sur les blagues dégradantes ou cruelles à l’endroit des femmes et qui se retournent contre votre fille, votre mère, votre conjointe…, afin qu’ils saisissent la portée des mots qu’ils utilisent.

Puis-je espérer de vous, hommes libres, que vous soyez des modèles pour inciter les autres à aller plus loin. Surtout…, surtout…, prenez position contre la violence faite aux femmes. »

Marie Gagnon, Intervenant à La Gigogne