femmes autochtones

L’expérience des Femmes victimes de violence dans le système de justice pénale : un parcours difficile

Publié le

Montréal, le 6 mars 2018 — Le rapport Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution rendu public aujourd’hui est le fruit d’une recherche financée en 2016 par le Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels dans le cadre du Programme de subvention pour favoriser la recherche, l’information, la sensibilisation et la formation en matière d’aide aux victimes d’actes criminels.

Les cinquante-deux (52) femmes victimes de violence conjugale, d’agressions sexuelles ou d’exploitation sexuelle, vivant dans 10 des 17 régions administratives du Québec rencontrées dans le cadre de cette recherche ont généreusement partagé leur parcours dans le système judiciaire. Certaines ont choisi de ne pas porter plainte, pour d’autres la plainte a été rejetée alors que d’autres ont cheminé dans le système au moins jusqu’à l’enquête préliminaire.

Les femmes ont témoigné des lacunes auxquelles elles ont fait face : préjugés, manque de connaissance des conséquences de la violence, manque de protection, longs délais, impunité des agresseurs qui contreviennent aux conditions qui leur sont imposées, etc. Elles ont également mis en lumière les bonnes pratiques, telles que l’attitude aidante de certains policier.e.s ou procureur.e.s qui leur ont expliqué les différentes options qui s’offraient à elles, le fait d’être dirigées vers des ressources spécialisées qui oeuvrent contre la violence envers les femmes, l’expertise des équipes policières spécialisées. Tout cela les a aidées. « Par contre, il est particulièrement préoccupant de constater que toutes ces femmes, même celles qui ont trouvé une certaine satisfaction dans le processus qu’elles ont vécu, ont déclaré qu’elles ne recommenceraient pas la démarche si c’était à refaire », déclare Michèle Frenette, l’auteure principale de cette recherche. Un besoin saillant des participantes est d’améliorer leurs relations (empathie, prise en compte de leurs expériences de violence et des impacts concrets de celle-ci, etc.) avec les différent.e.s acteurs et actrices rencontré.e.s lors de leur parcours judiciaire.

« La parole des femmes et les recommandations qu’elles ont émises pour améliorer le système judiciaire sont riches de leur expérience et devraient inspirer tous ceux et toutes celles qui cherchent à améliorer l’accès à la justice pour les femmes violentées », ajoute Madame Frenette. Parmi ces recommandations, notons un meilleur accueil par les policiers et policières, plus d’accompagnement et de soutien, une meilleure formation des acteurs et actrices judiciaires sur la violence à l’égard des femmes, une réaction rapide du système en cas de bris de conditions par les contrevenants, la formation d’équipes spécialisés au sein es services de police.

Ce projet de recherche a été réalisé en partenariat avec quatre regroupements féministes québécois luttant contre la violence à l’égard des femmes (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle) soutenus par le Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (SAC-UQAM), ainsi par des chercheur.e.s de différentes universités (Rachel Chagnon et Myriam Dubé, UQAM ; Marie-Marthe Cousineau, Université de Montréal ; Simon Lapierre et Elizabeth Sheehy, Université d’Ottawa). Malheureusement, la subvention demandée pour donner suite à cette recherche et explorer des pistes de solution avec les intervenantes psychosociales qui soutiennent les femmes violentées, les policier.e.s et les procureur.e.a a été refusée par le Ministère de la Justice du Québec.

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Pour des renseignements additionnels :

Manon Monastesse, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes
monastesse@fede.qc.ca, 438 929 2201

Louise Riendeau, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
lriendeau@maisons-femmes.qc.ca, 514 220-1057

Mélanie Sarroino, Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel
melanie.sarroino@rqcalacs.qc.ca, 514 346 5252

Carole Boulebsol, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle
carole.boulebsol@lacles.org,

Eve-Marie Lampron, Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
lampron.eve-marie@uqam.ca, 514 987-3000, poste 4883

Michèle Frenette, chargée de projet et auteure principale de l’étude
mfren040@uottawa.ca, 819 743-8083

Simon Lapierre, professeur à l’École de service social, Université d’Ottawa
simon.Lapierre@uottawa.ca, 819 210-8850

Justice pour les femmes autochtones

Publié le Mis à jour le

Montréal le 27 octobre 2015 –

 »Les regroupements d’organisations travaillant directement auprès des femmes violentées souhaitent exprimer publiquement leur solidarité avec les femmes autochtones et lancent un appel à la mobilisation de la population afin que les femmes autochtones aient accès à plus de justice. Nous joignons notre voix à ces femmes réclamant justice et saluons l’immense courage qu’il leur a fallu pour poser le geste salutaire de dénoncer l’intolérable. Nous invitons la population à utiliser la campagne #OnVousCroit pour leur manifester leur appui et appelons à la participation à la Vigile organisée par Idle No More – Québec qui aura lieu le jeudi 29 octobre à 18h00 à la Place des arts. Nous soutenons leurs demandes pour une enquête indépendante sur les gestes posés par des policiers de la Sûreté du Québec de Val d’Or et souhaitons la mise en place rapide d’une commission d’enquête sur la disparition et les meurtres de femmes autochtones au coeur de laquelle les femmes autochtones doivent tenir un rôle prépondérant.

Les responsables de l’administration de la justice, la ministre en tête, les corps policiers, les procureurEs, les juges doivent revoir leurs pratiques et briser les barrières se dressant entre les femmes, tout particulièrement les femmes autochtones et la justice. Toutes les formes de violence envers les femmes, peu importe qui en sont les auteurs, peu importe là où elles se pratiquent, sont des entraves à la sécurité et à la liberté de toutes les femmes et un obstacle majeur à l’égalité de fait pour toutes.

Nos groupes travaillent au quotidien et ce, 365 jours par année depuis souvent 40 ans, pour dénoncer la violence envers les femmes et offrir des alternatives à celles aux prises avec la violence physique et sexuelle. Nous sommes trop souvent témoins de l’indifférence dans laquelle les femmes dévoilant les agressions subies se retrouvent ou encore de l’impunité dont bénéficient trop d’agresseurs. Nous travaillons au quotidien pour que la honte change de camp et que la société assume ses responsabilités pour faire cesser cette violence.

Aujourd’hui, c’est avec nos soeurs autochtones que nous nous élevons pour réclamer justice. Cette justice suppose, dans un premier temps, que nous reconnaissions l’impact du colonialisme sur les communautés autochtones et que nous soutenions les demandes de réparation légitimes qu’elles portent.

Les femmes autochtones, cibles de mépris et de racisme, connaissent trop bien l’impact du silence et du désintérêt envers la violence qu’elles subissent. Certaines se sont levées, comme d’autres femmes autochtones avant elles, pour nommer l’injustice et les horreurs qui en découlent depuis trop longtemps. Leurs voix s’élèvent et un mouvement doit les suivre. »

 

Diane Matte, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)

Manon Monastesse, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF)

Sylvie Langlais, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC)

Nathalie Duhamel, Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)

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Pour plus d’informations:

Éliane Legault-Roy, CLES (514) 750-4535 ou 692-4762

Manon Monastesse, FMHF 514-242-6354

Louise Riendeau, RMFVVC (514) 220-1057

Nathalie Duhamel, RQCALACS (514) 346-5252