Mois: mars 2013

Violences faites aux femmes et aux filles : la Francophonie adopte un plan d’action

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« Soumis par Melissa le 19 mars 2013 – 13h44

En marge de la 57ème session de la Commission de la Condition de la femme, l’OIF et ONU Femmes ont organisé, le 4 mars 2013 au siège des Nations unies à New York, une concertation francophone de haut-niveau afin d’adopter un plan d’action commun pour prévenir et éliminer les violences faites aux femmes et aux filles dans les pays membres de l’OIF.

Cette concertation a réuni les ministres et les chefs de délégation des pays membres de la Francophonie, ainsi que Mme Michelle Bachelet, directrice exécutive d’ONU Femmes et secrétaire générale adjointe des Nations unies, Mme Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale, et Mme Chantal Compaoré, Première Dame du Burkina Faso et coordinatrice de la campagne internationale pour l’interdiction mondiale des mutilations génitales féminines.

Elle a permis l’adoption d’un Plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles qui intervient dans le cadre de la mise en œuvre des engagements politiques des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie. Ce plan d’action constitue la contribution de la Francophonie aux travaux de la 57e session de la Commission de la condition de la femme. »…

http://cdeacf.ca/actualite/2013/03/19/violences-faites-aux-femmes-aux-filles-francophonie-adopte?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

Dernière réponse d’Élise

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Sylvia,

Enfin rendue chez toi ! Ça m’émeut quand je repense à tout ce que tu as accompli.

Je constate en lisant ta lettre que la violence de Paul est toujours présente malgré ton départ. Je trouve malheureux qu’il continue d’utiliser la violence psychologique et verbale afin de t’atteindre, mais c’est rassurant de savoir que tu as vu des stratégies de protection avec ton intervenante et que tu es maintenant en sécurité chez toi. Quelle chance que tu puisses toujours compter sur l’aide de la maison d’hébergement même après ton départ. J’imagine que des liens se sont fort probablement tissés pendant ton séjour avec certaines femmes et intervenantes ! Je sais que ta nouvelle vie de maman monoparentale t’apportera de nouveaux défis, mais avec tout l’amour que tu portes à Samuel, j’ai confiance que vous y trouverez votre chemin. Il n’y a pas si longtemps, je constatais que ma grande amie avait besoin d’aide. Je t’entends encore me raconter tes peurs et tes souffrances de vivre sous l’emprise de la violence. Je te sentais t’éteindre, perdre cette joie de vivre qui te caractérisait si bien.

Lorsque j’ai vu tous nos amis se joindre à nous pour ton déménagement, ça m’a rappelé à quel point je te sentais isolée de tous lorsque tu vivais avec Paul. Même les liens avec tes parents et ta famille en souffraient. De te voir sourire au côté de ta mère et de revoir votre belle complicité d’antan est agréable. Au départ, tu étais tellement hésitante à parler de violence, j’ai compris comment cela pouvait être difficile de s’avouer même à soi-même que l’on vit de la violence conjugale. Cependant, avec tes problèmes de santé de plus en plus présents et les difficultés de Samuel qui souffrait de toute cette brutalité, tu as compris que tu devais agir et rapidement. Cela t’a pris bien du courage de prendre contact avec une maison d’hébergement afin de recevoir de l’aide, mais je suis certaine qu’aujourd’hui tu t’en félicites.

En tout cas moi, depuis tu m’impressionnes chaque jour avec ta force et tes accomplissements. De voir tout le chemin parcouru, ta reprise de pouvoir sur ta vie et la force dont tu fais preuve devant les démarches à accomplir est admirable. Tout cela dans un seul but, celui de vivre à l’abri de la violence. Mais tu es la preuve vivante que la réorganisation de toute une vie sans violence est chose possible. Je me sens privilégiée d’être ton amie et d’avoir pu te soutenir dans cette période de vie plus difficile pour toi. Si je pouvais, je publierais un article dans un journal local afin de crier haut et fort à tous que la violence conjugale est inacceptable et que l’on doit tous faire notre part afin que cela change. J’encouragerais tous ceux qui soupçonnent une situation de violence à la dénoncer et à ne pas hésiter à venir en aide à une femme dans le besoin. Tendre la main peut faire toute une différence, n’est-ce pas Sylvia !

Je te souhaite beaucoup de bonheur dans ta nouvelle vie !

Amicalement pour la vie,

Élyse

 

Lors d’un épisode de violence ou de menace : 911

Tu peux appeler à La Gigogne en tout temps au 418-562-3377 ou

par courriel intervenantesgigogne@hotmail.com

Lettre à mon amie – 13

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Bonjour Élyse,

Comment vas-tu ? De mon côté, les choses s’organisent bien. Ça fait déjà un mois que j’ai emménagé dans mon nouveau chez-moi ! Je commence à être bien installée. Je voulais te remercier de ton aide et aussi d’avoir pris la peine de mobiliser tous nos amis pour mon déménagement. J’étais tellement surprise et heureuse de voir qu’il y avait tant de gens prêts à me donner un coup de main. J’étais si fébrile ce jour-là, tu te souviens ? À l’idée de partir de la maison d’hébergement pour voler de mes propres ailes, j’étais joyeuse, excitée, mais je ressentais aussi un peu d’inquiétude à l’idée de cette nouvelle vie qui m’attendait. De vous voir tous présents pour moi m’a fait chaud au cœur.

Je me souviens que j’étais inquiète à cause des derniers contacts téléphoniques que j’avais eus avec Paul. Il avait commencé par me faire des promesses mais, lorsqu’il avait compris que je ne le croyais plus, il s’était mis en colère. Avec le recul, le bon côté de ces échanges qui m’avaient tant ébranlée, c’est que si j’avais encore des doutes pour le divorce, ce n’était plus le cas après l’avoir entendu. Et comme j’étais encore en maison d’hébergement, mon intervenante était là pour me soutenir. Nous avions regardé ensemble des stratégies de protection et je suis partie plus forte et outillée pour l’avenir.

Parlant de la maison d’hébergement, une intervenante m’a téléphoné hier. Elle voulait prendre de nos nouvelles et nous inviter à une activité estivale pour les ex-hébergées. J’ai été touchée par cette attention. Elle m’a rappelé que je pouvais avoir un suivi individuel en externe pour moi ou pour mon fils. On en avait parlé pendant mon séjour, mais avec le déménagement et tout le reste, j’avais d’autres priorités et j’ai oublié. Mais, je pense que maintenant que nous nous sommes posés un peu, ce serait une bonne chose pour tous les deux. C’est certain que nous avons à nous adapter à beaucoup de choses dans notre nouvelle vie. Comme mère monoparentale, je me sens parfois un peu seule et cela me demande plus d’organisation depuis mon retour au travail. Et puis, j’ai des démarches légales en cours qui me stressent un peu. Quant à Samuel, il doit se faire de nouveaux amis à l’école et il aurait peut-être aussi besoin de parler de sa relation avec son père, qu’il voit régulièrement. Nous sommes encore en période d’adaptation, mais je peux déjà dire que notre vie a pris un tournant plus positif. Nous passons de beaux moments tous les deux dans notre nouvel appartement, que nous avons décoré à notre goût et où nous vivons paisiblement, sans violence, ni contrainte.

Je voulais te remercier Élyse de m’avoir aidée à ouvrir les yeux sur ma situation et de m’avoir soutenue, même pendant mes périodes de doute. Merci de m’avoir parlé des maisons d’hébergement. J’ai pu y faire mes démarches en toute sécurité et je sais que je pourrai toujours compter sur leur aide. Mon séjour m’a appris beaucoup de choses sur moi et m’a permis de cheminer personnellement. J’ai encore plein de défis à relever, mais je me sens plus forte et je sais qu’avec leur soutien et ton amitié, j’y arriverai.

Samuel et moi te sommes reconnaissants. Tu avais raison, c’est possible !

Sylvia

 

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Réponse à mon amie – 12

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Ma nouvelle Sylvia,

Wow, comme tu es efficace ! Tes démarches avancent à grands pas. C’est vraiment agréable de penser que tu seras bientôt chez toi. Cela doit t’enlever un brin de pression.

En lisant ta lettre et le passage sur l’exercice du cercle, j’ai pensé à un article paru dans une revue. Tu sais le genre que j’adore, avec les petits tests psychos-pops rigolos. Un psychologue y parlait des différences dans l’éducation des hommes et des femmes. Il abordait la socialisation en énumérant ce que la société attend d’une fille et d’un garçon. Selon lui, encore aujourd’hui, une femme se doit d’être douce, émotive, serviable, séduisante, toujours prête à aider les autres tout en étant une bonne fille, une épouse dévouée, puis une mère aimante et une grand-maman disponible. Il parait même que de s’inquiéter pour ses proches est un comportement socialement désirable pour une femme. C’est une preuve d’amour. En bonne mère de famille, on s’inquiète pour nos enfants, nos parents, nos amies, notre mari.

Pour un homme, la société attend de lui qu’il ne montre pas trop ses émotions. Sa colère est plus acceptée que celle des femmes, mais il doit être fort, autoritaire, protéger sa famille et tenir le rôle du pourvoyeur. Autrement dit, nos enfants apprennent dès le départ qu’ils seront valorisés s’ils adoptent des comportements stéréotypés. Lorsque j’ai terminé ma lecture, je me suis aussitôt écriée «Il faut que ça change!!!». Ma patronne se demandait bien ce que j’avais à m’exclamer ainsi au beau milieu d’une cafétéria bondée. Mais, impossible de me taire. Imagine ce que vivent les personnes qui n’entrent pas dans le moule ! Et sans un changement des mentalités, comment contrer la violence conjugale?

En apprenant à nos filles à se centrer sur les besoins et le regard des autres plutôt que de prendre soin d’elles, est-ce qu’on ne risque pas de créer un terreau fertile pour des rapports inégaux dans un couple et possiblement le contrôle et la violence? Je mentirais si je disais que je ne me reconnaissais pas en lisant cet article. Je suis présente sur le marché du travail et on attend de moi que je sois efficace et compétitive. Mais les responsabilités liées à mon rôle traditionnel demeurent et entrent souvent en conflit avec les nouvelles exigences que je dois rencontrer. J’ai tout de suite fait le lien avec ce que tu m’as raconté au sujet de ta belle-mère. Son air de reproche visait probablement à te faire sentir coupable de t’éloigner du comportement attendu de toi. La culpabilité est tellement présente dans nos vies… Ta belle-maman se sent responsable au point de se sacrifier pour le bonheur des autres. Mais, le prix à payer est très élevé, surtout dans un contexte de violence conjugale. J’espère qu’en te voyant faire, elle se dira qu’il y a de l’espoir, que c’est possible pour elle aussi de vivre sans violence…

J’ai hâte que l’on puisse échanger toutes les deux sur ce sujet si prenant devant un bon café latté et confortablement installées dans ton nouveau salon !!!

Grosse Bise xxx

Élyse

 

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Lettre à mon amie – 12

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Chère Élyse,

J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer. J’ai trouvé un appartement ! J’ai signé mon bail ce matin. Je suis tellement contente. J’avais peur de ne pas trouver à me loger à un prix abordable, car mes revenus sont un peu trop élevés pour avoir droit à un logement subventionné.

Une des femmes hébergées avec moi va déménager dans un appartement deuxième étape pour un an. C’est un type de logement qui permet aux femmes victimes de violence conjugale de réapprendre à vivre seule dans un lieu sécuritaire et supportant pour elles et leurs enfants. Il y a des règlements à respecter et le conjoint ne doit pas connaître l’adresse, mais c’est une protection supplémentaire pour cette femme car son mari est très dangereux. Moi, j’ai entendu parler d’une coopérative d’habitation qui recherchait un membre avec des aptitudes en comptabilité. Pile dans mes cordes. Ce n’est pas le grand luxe, mais il y a deux chambres et Samuel pourra se faire des amis car il y a des enfants dans l’immeuble. Je déménage dans trois semaines. Ouf ! Ça me donne tout juste le temps d’organiser mon départ.

J’étais stressée au début, car j’avais des choses à prendre chez moi. Mon père m’a offert d’y aller avec moi, mais j’avais peur que les choses dégénèrent si Paul était là. Heureusement, mon intervenante m’a dit qu’elle pouvait m’accompagner avec les policiers pour récupérer mes effets personnels. Lorsque j’y suis allée, ma belle-mère était là. Elle m’a regardé d’un air de reproche et je me suis sentie mal, mais tout s’est passé dans le calme. Les policiers étaient compréhensifs et je me sentais en sécurité. Tu sais, en repensant à mes beaux-parents, je me suis demandé si ma belle-mère ne vivait pas de la violence conjugale. Elle est si effacée et nerveuse quand mon beau-père est là. Il décide de tout. Elle ne réplique jamais quand il lui coupe la parole, lui manque de respect ou lui donne des ordres. Je sais qu’on lui a enseigné depuis qu’elle est toute petite qu’elle devait servir son mari et se sacrifier pour le bonheur des autres. C’est sans doute pourquoi elle prenait toujours la défense de Paul quand elle était témoin de ses agissements. Pour elle, la femme a la responsabilité de préserver la famille à tout prix.

Moi aussi, j’ai intégré des messages sur les devoirs des femmes et des mères. Je m’en suis rendue compte à la dernière thématique que nous avons eue. On devait préparer un cercle dans lequel on plaçait le nom de toutes les personnes importantes pour nous et l’espace qu’elles tenaient dans notre cercle. Eh bien, peux-tu le croire ? La moitié des femmes n’avaient pas inscrit leur propre nom dans le cercle. Et moi non plus! Ça m’aide de pouvoir partager avec les autres femmes hébergées. On se soutien, on se comprend et on se donne des trucs pour passer à travers les difficultés. Une de nos préoccupations est que nos garçons et nos filles vivent des relations saines plus tard. Qu’ils apprennent à s’aimer et à se respecter.

 

J’espère que mon départ aura démontré à Samuel que la violence n’est pas acceptable dans un couple. Je te recontacte bientôt. J’ai très hâte de pouvoir t’inviter dans mon nouveau chez moi.

Sylvia

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